Le phare de Pointe-au-Père



Une visite au Site historique maritime de la Pointe-au-Père ne serait pas complète sans gravir avec un guide les 128 marches du phare, l'un des plus hauts du Canada avec ses 33 mètres (108 pieds) de hauteur.

De forme octogonale, la tour de ce troisième phare, érigée en béton armé, est renforcée de huit contreforts de même matériau, lui conférant une allure majestueuse et un style plutôt rare dans l'histoire des phares canadiens. L'appareil optique installé dans le nouveau phare était une merveille de précision.

Au début du siècle, l'intensité des activités maritimes à Pointe-au-Père rendait nécessaire la construction d'un phare plus moderne et mieux équipé. En 1908, le site était choisi pour l'installation d'un puissant feu dioptrique de troisième classe (diamètre interne d'un mètre et distance focale d'un demi-mètre) et au printemps de 1909, le nouveau phare de 33 mètres (108 pieds) de hauteur inaugurait la saison de navigation.


Ce feu utilisait à la fois le principe de la réfraction de la lumière concentrée grâce à des lentilles et le principe de la réflexion au moyen de prismes captant les rayons lumineux autour des lentilles et les projetant en faisceaux parallèles au rayon principal. La masse de cet appareil dioptrique représentait une tonne et demie de verre et de laiton. Elle reposait sur un bain de mercure prévu pour éviter la friction. Elle était mise en mouvement par un mécanisme semblable à celui d'une horloge grand-père, entraîné par un poids de 272 kg (600 livres) que l'on devait remonter à l'aide d'une manivelle. Le mécanisme était réglé de façon à ce que l'appareil optique effectue un tour complet à toutes les 15 secondes, afin de montrer quatre éclairs brillants à toutes les sept secondes et demie (code spécifique au troisième phare de Pointe-au-Père). Le phare de Cap-Chat produisant deux éclats, celui de Petit-Métis trois et celui de Pointe-au-Père quatre, le code aidait les marins à se situer.


En 1940, le système d'éclairage à vapeur de pétrole fut remplacé par des ampoules à incandescence à filament de tungstène. Quelque vingt ans plus tard, celles-ci cédèrent la place à des ampoules à vapeur de mercure donnant une portée de 22 milles nautiques (40,7 km).Au début des années 1960, les efforts du ministère du Transport portaient de plus en plus vers l'automatisation et le site de Pointe-au-Père n'échappa pas à cette mesure. En 1975, un quatrième phare entièrement automatisé fut érigé à l'est de l'ancien. En 1976, le troisième phare passa de l'autorité de Transports Canada à celle de Parcs Canada. Restauré, il témoigne encore aujourd'hui de l'importance historique du site de Pointe-au-Père.









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